C’EST QUOI UN CLAP ?

Le clap c’est tout un symbole. Tout le monde voit ce que c’est mais personne ne sait comment on se sert et rares sont ceux qui savent à quoi il sert. En même temps, il a beaucoup de fonctions et c’est ce qui fait de lui un outil indispensable pour gagner beaucoup de temps de travail !

Un clap, ça sert en priorité à identifier un plan. C’est pour cela qu’on le montre à la caméra au début de chaque prise. En fait on enregistre pendant quelques secondes toutes les informations dont on a besoin pour nommer, ranger et trier les prises après le tournage. 

Le clap apporte aussi des informations légales comme le nom de la société de production (qui est donc propriétaire de ces rushes) ainsi que le nom du réalisateur, du directeur de la photographie et la date de tournage. 

Le clap du film Shining de Stanley Kubrick

COMMENT ÇA MARCHE ?

On peut trouver plusieurs types de clap au cinéma. Comme toujours, les techniciens cherchent l’efficacité et c’est pourquoi on évitera les clap à craie. Car lorsqu’on passe son temps à toujours effacer et réécrire à la craie, le clap devient vite illisible. On choisit donc soit un clap blanc comme celui-ci pour écrire au feutre (qui s’efface très bien), soit encore mieux, on écrira sur des morceaux de gaffer coloré les indications qu’on peut coller et décoller à volonté. Cela permet aussi de rallonger la durée de vie du clap !

ACTION !

Comme vous pouvez le voir sur le clap ci-dessous, les trois informations les plus importantes sont les trois numéros qui servent à identifier le rushe. Ce sont d’ailleurs ces trois numéros que le machiniste dit à voix haute (pour qu’ils soient enregistrés au son aussi) avant de claper. 

Les trois numéros correspondent au numéro de séquence, du plan et de la prise que l’on est en train de tourner. Par exemple, avec le clap en dessous, il s’agit de la séquence 72, du plan 1 et c’est la première prise. Ca veut donc dire que c’est la première fois que l’on tourne ce plan N°1 de la séquence 72. 

Ces trois numéros doivent être annoncés à voix haute afin que la prise de son soit elle aussi identifiée. Le machiniste dira donc : “72 sur 1, première“. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a une barre de slash entre le numéro de séquence et le numéro de plan.

1) DATE : Indique le jour où a été tourné le rushe

2) JOUR / NUIT : Indique si le rushe a été tourné de jour ou de nuit.

3) LA SOCIÉTÉ DE PRODUCTION : On note le nom de la société de production détentrice des droits du film.

4) NOM DU FILM : On inscrit le nom du film, qu’il soit temporaire ou définitif.

5) RÉALISATEUR : On inscrit le nom du Réalisateur.

6) DIR. PHOTO : On inscrit le nom du Directeur de la Photographie.

7) IDENTIFICATION DU RUSHE : Le numéro de séquence et du plan, séparés tous deux d’une barre de slash. Puis à côté on inscrit le numéro de prise.  

CAS PARTICULIERS

Dans certains cas, le clap ne peut pas être annoncé au début de la prise. Le premier cas le plus fréquent se présente lorsque l’on tourne dans un endroit exigüe et qu’un clap n’a pas la place de se glisser entièrement devant la caméra. Aussi lorsque la caméra filme un insert, un très gros plan sur un sujet. Pas la place donc de glisser notre clap dans les quelques centimètres qui séparent le sujet de la caméra.

Le deuxième cas c’est lorsque le plan est difficile car en mouvement, que la caméra est sur une grue, perchée en hauteur ou accrochée sur un système peu pratique pour un technicien. 

 

LES SOLUTIONS

Pour les inserts et très gros plans, vous pouvez choisir de vous procurer des mini claps. Ce sont les même claps que vous connaissez mais modèle réduit. Ils contiennent un petit peu moins d’infos que la taille normale mais permettent quand même de claper. 

Sinon, vous pouvez choisir de claper à côté et plutôt que de mettre le clap dans le champs de la caméra, c’est la caméra que l’on va tourner pour aller filmer le clap à côté. Lorsque le clap est fait, le chef opérateur va alors remettre la caméra en position, prête à filmer. Enfin lorsque le chef opérateur sera prêt il annoncera “cadré” ce qui indiquera à toute l’équipe et surtout au réalisateur qu’il peut lancer l’action. 

Mais parfois, le chef opérateur n’a pas envie de défaire son plan pour aller filmer un clap à côté ou bien il ne le peut tout simplement pas. La troisième solution donc c’est de faire un “clap de fin”. C’est-à-dire qu’au lieu d’annoncer le clap au début de la prise, on l’annoncera plutôt à la fin. Alors le clap devra être présenté face à la caméra (qui pourra bouger cette fois) mais à l’envers pour signifier qu’il s’agit d’un clap de fin. Cette technique est de moins en moins utilisée car très peu pratique. En effet, avec nos outils de montage actuels, il est plus compliqué de dérusher avec un clap à l’envers et cette astuce ne fait pas du tout gagner de temps en post-production. Le deuxième problème que cette technique pose, c’est que souvent, on oublie de faire le clap de fin. Le réalisateur dit “coupez” et machinalement le chef opérateur coupe la caméra sans avoir pensé à attendre que le clap soit dit. Ce problème n’arrive plus dans les grosses équipes déjà bien rodées mais il est récurrent  dans les plus petites productions. 

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